Le peuple mythique des Dogons

Au cours d’un voyage au cœur du Mali, plus précisément aux falaises de Bandiagara, j’ai été invitée à vivre « chez l’habitant » parmi une famille Dogon.

Je suis immédiatement éblouie par la beauté du site, les falaises formant un cadre exceptionnel. Une partie du Pays Dogon est, d’ailleurs, classée par l’Unesco, en 1989, en tant que site protégé par la dénomination sanctuaire naturel et culturel de la falaise de Bandiagara.


Lorsque l’on sait que l’occupation humaine, de la Région, remonte au Paléolithique, l’on ne peut qu’être impressionné par la richesse de la culture du Peuple Dogon.

 

Les Dogons vivent dans le monde mystérieux des symboles, signes hiéroglyphes, couleurs, emblèmes, objet qui, constituant un langage sans parole, énoncent le rapport de l’homme au monde : c’est le règne du sacré.

 

Les Dogons sont également réputés pour leur art, en particulier leurs masques spectaculaires qui correspondent à des rites complexes. Le culte des ancêtres et l’animisme sont encore très présents.

L’animisme prend quatre formes : le culte du lébé, le culte du Binou, le culte des âmes et l'institution des masques.

L’autre chose évidente, c’est la chaleur de l’accueil qui est réservé aux visiteurs. Les dogons sont très soucieux du bien être de chacun en tout temps. Il est plutôt courant de se voir offrir à boire une bière de mil lors de ballade à l’arrivée dans un village. A titre d’exemple, la salutation traditionnelle entre deux personnes se rencontrant dans la rue, est un spectacle réellement sympathique. La salutation débute dès qu’ils se trouvent « à porter de voix » (écriture phonétique) :

-          Ô ! (1er signe de la main)

-          Ousséhoma ? Comment vas-tu ? (Réponse signe de la main)

-          Sewo ça va

-          Goudyoum sewo ? Ta santé, ça va ?

-          Sewo ça va

-          Gini sewo ? A la maison, ça va ?

-          Sewo ça va

-          Ô !

Ensuite les rôles changent et c’est au tour du second de rythmer l’échange. Les questions peuvent bien sûr varier. La salutation se poursuit lorsqu’ils se croisent et se finit alors qu’ils s’éloignent.

Les habitats sont regroupés en petits villages implantés dans la falaise et accessibles par des chemins escarpés. Cette architecture est spécifique au Pays Dogon. La famille, qui m’a reçu, habite le village de Néni. Généralement, la case traditionnelle est organisée autour d’une cour, chaque femme ayant son grenier auquel le mari n’a pas accès. Le grenier du mari sert à conserver le mil, le grenier des femmes, lui, sert à conserver les condiments et différents objets.

 

Les villages sont des mosaïques de maisons de famille, on les appelle les « ginna ». Chaque bâtiment s’accroche au moindre replat, collé à la falaise, et s’y abrite lorsqu’il trouve un auvent naturel. Du haut sommet de la falaise, on découvre un splendide panorama. Les villages Dogon apparaissent mieux dans la splendeur de leur architecture remarquable : maisons de famille aux terrasses carrées, greniers à mil surmontés de toits de paille aigus, vestiges en forme de niche, le tout accroché aux flancs des rochers.

L’Architecture des maisons, des greniers à mil (ronds ou carrés), des « toguna » à l’épaisse toiture ou s’entassent les tiges de mil, de même que les grottes des tellems servant aujourd’hui de lieux de sépulture composent des images fortes, inoubliables qui combleront n’importe quel amateur du pittoresque.


Les Dogons sont avant tout des cultivateurs (mil, sorgho, riz, oignons et quelques autres légumes peu exigeants en eau). Le mil est la base de leur alimentation, mais la culture de l'oignon (qui représente près d'un tiers des surfaces cultivables de la falaise) est essentielle à leur économie, puisqu'ils sont exportés dans les villes des alentours et servent de monnaie d'échange avec les autres ethnies (par exemple pour l'achat de poissons aux Bozos ou de fromages aux Peuls). Ils élèvent aussi du petit bétail, surtout des moutons et des poulets. Les bovins et les ovins sont confiés aux Peuls vivant plus bas, en plaine. Les Dogons pratiquent aussi l'apiculture.

 

 

 

Traditionnellement les dogons sont aussi des forgerons réputés. Cette activité, déjà avérée sur le site de la falaise pendant plus de mille trois cents ans, permet de mieux comprendre le statut particulier et respecté des forgerons dans la société dogon, ainsi que les échanges commerciaux que pratiquaient les Dogons.

 

Pendant mon séjour, j’ai eu la chance de participer à la construction d’un four à pain. A l’initiative d’une Professeur française de poterie, en voyage pour la deuxième fois à Néni, le chantier du four à pain à rassemblé l’énergie des quelques touristes installés dans la même maison familiale ainsi que quelques hommes et enfants du village. L’électricité étant difficile d’accès, la mise en place d’un four à pain tend à améliorer les conditions d’alimentation de l’ensemble des villageois.

Schéma simplifié du four à pain

Les matériaux utilisés pour la construction sont soient des ressources locales (terre, paille, eau …) soient de la récupération (toit de voiture). L’astuce est de mélanger de la terre de termitière à la préparation terre/paille classique. En effet, les termites construisent leur nid en terre mâchée, la salive rendant la terre plus collante. Nous avons également utilisé des briques de terre que les Dogons avaient en stock.

 

Très codifiées, les danses dogons expriment la formation du monde, l'organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. La plus spectaculaire s'exécute sur des échasses appelées "touterelles". Je n’ai malheureusement eu le temps d’assister à une cérémonie de danse … Cela devrait faire l’objet d’un nouveau départ pour le Pays Dogon !

 

Car s’il y a bien une conclusion à faire c’est que le séjour était trop court pour apprécier la diversité de la culture du Pays Dogon. Au moment de partir, nous échangeons encore de riches instants plein d’humanisme. Ainsi, une des filles de la maison me demande de lui faire une atebas (natte de fils de coton de couleurs) et en retour j’arbore une magnifique frange nattée façon « Dogon ».

 

Ami Dogon, je vous dis à bientôt J

 

Sites de référence et plus de pages pour compléter les informations relatives à la culture des Dogons :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dogons

http://whc.unesco.org/fr/list/516

http://africart.pagesperso-orange.fr/pages/doginf2.htm

http://www.dogoncountry.com/fr/about-pays-dogon/people-and-culture/

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30 juillet 2014, 23:41
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