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Le Coin des Chroniques


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Les Chroniques de Julie Invitation au voyage, retour sur le stage solidaire de danse africaine

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Samedi 31 janvier dernier, 37 danseuses étaient réunies à la salle Henri Hanneton à Blandy les Tours pour le stage de danse traditionnelle africaine, organisé en partenariat entre le CCRB et AIPSFD, et qui avait pour objectif de collecter des fonds pour l’ouverture du centre culturel AIPSFD à Natitingou.

 

  

Cette journée a permis aux participants de :

 

  • découvrir le rythme guinéen « KAKILAMBE » : sa musique, son histoire et une danse composée de mouvements issus des danses traditionnelles réalisées sur ce rythme,
  • apprendre, de façon ludique et amusante, le chant mandingue FATOU YO,
  • appréhender les notions de lien entre danseurs et musiciens, d’accélération de tempo, de danse collective et d’improvisation par le biais de plusieurs jeux,
  • se confronter aux préjugés liés aux différences culturelles à travers la mise en place d’une scénette de théâtre participatif,
  • écouter la lecture d’un conte de sagesse africaine (« l’éléphant et les six aveugles »),
  • partager des moments conviviaux autour de la « Tisanerie africaine » (jus de bissap, Thé Rooibo ou boisson à base de gingembre).
  •  

En somme, le programme fut une invitation des participants à laisser s'évader leur esprit au travers de la culture africaine. Ce fut également l’occasion d’annoncer le projet de l’association de séjour solidaire prévu en novembre 2015 à Natitingou.

 

La collecte de fond de cette journée permet l’ouverture du centre culturel et solidaire à Natitingou. Ce soutien tente de répondre à un problème exprimé par de jeunes artistes au Nord du Bénin. Région, où la richesse culturelle est menacée par des manques de moyens et de reconnaissances. Aussi, même si la culture peine à exister, AIPSFD veut travailler de concert avec les autorités Béninoises afin de préserver l'histoire et la créativité culturelle.

Le centre prévoit des espaces dédiés aux artistes afin de contribuer à leur volonté de se professionnaliser. Ainsi, ils pourront s’organiser, travailler à leur création, proposer à court terme des initiations, spectacles … pour atteindre l’objectif de leur autonomisation.

 

Enfin, le projet de séjour solidaire viendra lier les « deux mondes » : celui des passionnées occidentaux de la danse et celui des artistes. Une manière de créer une passerelle et de contribuer à rendre hommage à la « danse africaine ».

 

 

Bilan de la journée

 

Les comptes faits, nous pouvons dire que le bilan de ce stage est très positif car la collecte réalisée permet d’atteindre le montant fixé dans le cadre du projet passerelle vers les origines de la danse. L’équipe d’AIPSFD planche déjà sur l’organisation d’un prochain stage à venir afin de collecter les fonds nécessaire à l’acquisition du matériel (informatique, panneau solaire pour l'autonomie énergétique, pompe pour le puit, fournitures scolaires, ...) nécessaire à l'ouverture du centre culturel et la mise en place du voyage solidaire d’ici la fin 2015 wink

 

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25 février 2015, 14:47
 

Les Chroniques d'Arthur Manifeste de l’Institut Culturel Somba - Escale au « Pays Somba »

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Le paysage du « Pays Somba », situé dans le nord-ouest du Bénin, s’étendant par-delà la frontière jusqu’au Togo, abrite les  « Somba » ou les « Tamberma » dont les remarquables maisons à tourelles en terre constituent une attraction pour tout visiteur qui se rend dans ces contrées reculées. C’est un peuple malheureusement encore qualifié « d’inférieur » par les autres.

 

Des acteurs culturels pour un développement durable

La culture, cet empire qui nous gouverne au quotidien et rythme l’essence même de notre personnalité constitue la teinte indélébile de notre moi. Elle donne à notre conscience une perception des valeurs éthiques, matérielles et immatérielles. La culture Somba est originale et Africaine profondément. Elle est traduite et matérialisée dans les armoiries nationales de la République du Bénin par le symbole du Tata, lui-même inscrit au patrimoine immatériel mondial depuis 2004 à l’UNESCO.

 

En cette ère de mondialisation programmée de la culture, l’espace laissé par la gouvernance des pays africains aux cultures traditionnelles originales et symboliques de nos patrimoines respectifs est très restreint et même insignifiant. Pourtant la culture apparaît comme le terrain de rencontre et de dialogue fécond entre les peuples. Elle est l’élément identitaire sur lequel on peut fonder les hypothèses de développement. Paradoxalement les valeurs prônées par la globalisation elle-même ne sont pas représentatives de l’impact au quotidien des traditions sur les sociétés modernes et traditionnelles, africaines notamment.

 

L’Institut Culturel Somba (ICS) arrive dans le paysage associatif Béninois avec un label culturel identitaire pour participer au développement à travers l’effort de libération de l’espace national, culturel et médiatique pour les cultures traditionnelles endogènes. Il représente pour l'identité et la culture Somba un lieu pluridisciplinaire central de recherche, de réflexion et de proposition. En effet, le combat contre la pauvreté devrait être conduit par des acteurs éprouvés aux valeurs du milieu, substratum nécessaire à la maîtrise d’un destin « inculturé » et endogène dans la modernité. Pourra-t-il faire briller de tous ses feux une culture mal connue parce que séquestrée par des complexes ?

 

L’ICS se fixe en conséquence quatre missions fondamentales :

> l’affirmationde la culture Somba dans le réseau des autres cultures nationales, internationales, traditionnelles endogènes et originales,

> la réhabilitationdes valeurs traditionnelles Somba et de leurs lettres de noblesse ternies par l’ignorance, le parti pris et l’exclusion , les préjugés et les idées préconçues, les complexes tribalistes et les discriminations ethnocentriques.

>la promotion de toutes les valeurs endogènes positives et contributives à l’épanouissement humain, au savoir ainsi qu’au savoir-faire, à l’enrichissement des langues nationales africaines comme des vecteurs de transmission de la connaissance et de maîtrise des canaux de communication entre les Communautés nationales et internationales.

> la consolidationdes valeurs culturelles ainsi réhabilitées pour en fixer le contenu, l’héritage et le patrimoine afin d’immortaliser par la conservation tous les vestiges en péril sur les plans historique, spirituel et architectural, dans l’ère épicentrale Somba et dans celle de son rayonnement béninois et transfrontalier Ouest –Africain notamment.

 

L’action de l’ ICSse fonde sur les principes suivants :

> la culture comme identité des peuples et de leur originalité propre,

>le respect, l’acceptation et l’intégration des autres cultures sans distinction et sans discrimination,

>le rejet de toute forme de discrimination culturelle ainsi que de tout traitement et comportement discriminatoires,

> la culture comme tremplin, base et atout majeur à l’intégration et à l’unité nationale doublées d’une fonction incitative de tolérance, de stabilité et de promotion du développement,

> la promotion des valeurs et de la culture endogènes nationales et africaines,

 

Sur la base de ces principes, l’Institut appelle à une large mobilisation nationale, sous-régionale et africaine et internationale pour l’affirmation des cultures endogènes et pour la défense de leur patrimoine respectif.

 

En conséquence, et dans son action formelle, l’ICS voudrait être un acteur privilégié et un partenaire de choix aux plans de la recherche, de l’enseignement et de la médiatisation de la culture Somba.

 

L’institut se propose d’agir au cœur du politique, de l’économique, du judiciaire, de l’éducatif, du social et du culturel pour une contribution de qualité et endogènique en vue d’éclairer la prise de décision et l’action des acteurs et partenaires publics et privés, gouvernementaux et non gouvernementaux.

IDENTITÉ DE L’Institut

 

L’Institut Culturel Somba se définit comme une famille des associations et institutions de la société civile pour exercer un lobbying culturel autour des enjeux et des défis de la culture traditionnelle, endogènique aux sociétés africaines. Au nombre de ses moyens d’action l’ICS s’appuie sur la négociation, le marketing social, les démarches auprès des décideurs par tous les moyens légaux, reconnus, recommandés et recommandables.

 

Par ailleurs, et sur les sociétés traditionnelles elles-mêmes, l’Institut Culturel Somba voudrait  sensibiliser, mobiliser et organiser les partenaires de la culture traditionnelles en vue de l’exhumation, de la fixation et de la conservation des valeurs, produits et patrimoines de référence aux fins de leur valorisation et de leur transfert au développement et à l’épanouissement de la personne humaine dans les domaines du savoir, du culturel, du récréatif, du ludique ...

 

Ce manifeste est donc un appel à toutes les forces citoyennes qui en acceptent le concept, partagent les défis de la culture traditionnelle et qui sont disposées à être au nombre des acteurs, partenaires, animateurs, gestionnaires et/ou mécènes. Le message invite toutes les personnes à se manifester sans délais et à leur convenance, en vue de la mise en œuvre d’un cadre de réflexion d’analyse sociale et d’éducation populaire qui entend apporter sa contribution aux luttes de libération des couches populaires du « Pays Somba » par le biais de la réflexion théorique, de l’analyse et de l’accompagnement des groupes à la base.

 

Les adhésions et toutes les observations sont à adresser aux contacts de l’association AIPSFD

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27 août 2014, 10:14
 

Les Chroniques de Julie Le peuple mythique des Dogons

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Au cours d’un voyage au cœur du Mali, plus précisément aux falaises de Bandiagara, j’ai été invitée à vivre « chez l’habitant » parmi une famille Dogon.

Je suis immédiatement éblouie par la beauté du site, les falaises formant un cadre exceptionnel. Une partie du Pays Dogon est, d’ailleurs, classée par l’Unesco, en 1989, en tant que site protégé par la dénomination sanctuaire naturel et culturel de la falaise de Bandiagara.


Lorsque l’on sait que l’occupation humaine, de la Région, remonte au Paléolithique, l’on ne peut qu’être impressionné par la richesse de la culture du Peuple Dogon.

 

Les Dogons vivent dans le monde mystérieux des symboles, signes hiéroglyphes, couleurs, emblèmes, objet qui, constituant un langage sans parole, énoncent le rapport de l’homme au monde : c’est le règne du sacré.

 

Les Dogons sont également réputés pour leur art, en particulier leurs masques spectaculaires qui correspondent à des rites complexes. Le culte des ancêtres et l’animisme sont encore très présents.

L’animisme prend quatre formes : le culte du lébé, le culte du Binou, le culte des âmes et l'institution des masques.

L’autre chose évidente, c’est la chaleur de l’accueil qui est réservé aux visiteurs. Les dogons sont très soucieux du bien être de chacun en tout temps. Il est plutôt courant de se voir offrir à boire une bière de mil lors de ballade à l’arrivée dans un village. A titre d’exemple, la salutation traditionnelle entre deux personnes se rencontrant dans la rue, est un spectacle réellement sympathique. La salutation débute dès qu’ils se trouvent « à porter de voix » (écriture phonétique) :

-          Ô ! (1er signe de la main)

-          Ousséhoma ? Comment vas-tu ? (Réponse signe de la main)

-          Sewo ça va

-          Goudyoum sewo ? Ta santé, ça va ?

-          Sewo ça va

-          Gini sewo ? A la maison, ça va ?

-          Sewo ça va

-          Ô !

Ensuite les rôles changent et c’est au tour du second de rythmer l’échange. Les questions peuvent bien sûr varier. La salutation se poursuit lorsqu’ils se croisent et se finit alors qu’ils s’éloignent.

Les habitats sont regroupés en petits villages implantés dans la falaise et accessibles par des chemins escarpés. Cette architecture est spécifique au Pays Dogon. La famille, qui m’a reçu, habite le village de Néni. Généralement, la case traditionnelle est organisée autour d’une cour, chaque femme ayant son grenier auquel le mari n’a pas accès. Le grenier du mari sert à conserver le mil, le grenier des femmes, lui, sert à conserver les condiments et différents objets.

 

Les villages sont des mosaïques de maisons de famille, on les appelle les « ginna ». Chaque bâtiment s’accroche au moindre replat, collé à la falaise, et s’y abrite lorsqu’il trouve un auvent naturel. Du haut sommet de la falaise, on découvre un splendide panorama. Les villages Dogon apparaissent mieux dans la splendeur de leur architecture remarquable : maisons de famille aux terrasses carrées, greniers à mil surmontés de toits de paille aigus, vestiges en forme de niche, le tout accroché aux flancs des rochers.

L’Architecture des maisons, des greniers à mil (ronds ou carrés), des « toguna » à l’épaisse toiture ou s’entassent les tiges de mil, de même que les grottes des tellems servant aujourd’hui de lieux de sépulture composent des images fortes, inoubliables qui combleront n’importe quel amateur du pittoresque.


Les Dogons sont avant tout des cultivateurs (mil, sorgho, riz, oignons et quelques autres légumes peu exigeants en eau). Le mil est la base de leur alimentation, mais la culture de l'oignon (qui représente près d'un tiers des surfaces cultivables de la falaise) est essentielle à leur économie, puisqu'ils sont exportés dans les villes des alentours et servent de monnaie d'échange avec les autres ethnies (par exemple pour l'achat de poissons aux Bozos ou de fromages aux Peuls). Ils élèvent aussi du petit bétail, surtout des moutons et des poulets. Les bovins et les ovins sont confiés aux Peuls vivant plus bas, en plaine. Les Dogons pratiquent aussi l'apiculture.

 

 

 

Traditionnellement les dogons sont aussi des forgerons réputés. Cette activité, déjà avérée sur le site de la falaise pendant plus de mille trois cents ans, permet de mieux comprendre le statut particulier et respecté des forgerons dans la société dogon, ainsi que les échanges commerciaux que pratiquaient les Dogons.

 

Pendant mon séjour, j’ai eu la chance de participer à la construction d’un four à pain. A l’initiative d’une Professeur française de poterie, en voyage pour la deuxième fois à Néni, le chantier du four à pain à rassemblé l’énergie des quelques touristes installés dans la même maison familiale ainsi que quelques hommes et enfants du village. L’électricité étant difficile d’accès, la mise en place d’un four à pain tend à améliorer les conditions d’alimentation de l’ensemble des villageois.

Schéma simplifié du four à pain

Les matériaux utilisés pour la construction sont soient des ressources locales (terre, paille, eau …) soient de la récupération (toit de voiture). L’astuce est de mélanger de la terre de termitière à la préparation terre/paille classique. En effet, les termites construisent leur nid en terre mâchée, la salive rendant la terre plus collante. Nous avons également utilisé des briques de terre que les Dogons avaient en stock.

 

Très codifiées, les danses dogons expriment la formation du monde, l'organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. La plus spectaculaire s'exécute sur des échasses appelées "touterelles". Je n’ai malheureusement eu le temps d’assister à une cérémonie de danse … Cela devrait faire l’objet d’un nouveau départ pour le Pays Dogon !

 

Car s’il y a bien une conclusion à faire c’est que le séjour était trop court pour apprécier la diversité de la culture du Pays Dogon. Au moment de partir, nous échangeons encore de riches instants plein d’humanisme. Ainsi, une des filles de la maison me demande de lui faire une atebas (natte de fils de coton de couleurs) et en retour j’arbore une magnifique frange nattée façon « Dogon ».

 

Ami Dogon, je vous dis à bientôt J

 

Sites de référence et plus de pages pour compléter les informations relatives à la culture des Dogons :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dogons

http://whc.unesco.org/fr/list/516

http://africart.pagesperso-orange.fr/pages/doginf2.htm

http://www.dogoncountry.com/fr/about-pays-dogon/people-and-culture/

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30 juillet 2014, 23:41
 

Les Chroniques de Julie La danse africaine … ou les battements de mon cœur

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Ma rencontre avec la danse africaine ou devrais-je dire mon coup de cœur pour la danse africaine remonte à 2004.

Même si je pratiquais la danse depuis mes 8 ans, je n’avais jamais ressentie une telle émotion en danse. Ce fut comme une reconnexion avec mon corps lorsque j’ai intégrée les cours de danse d’Afrique de l’Ouest de Catherine ROMERO.

Catherine ROMERO

http://www.danseafro.fr/index2.phpProfesseur de Danse Africaine et Afro-Jazz et Art Thérapeute. Formation de base en Danse Classique et Jazz et en scénographie (et maquillage de scène). Spécialisation en Danse traditionnelle d'Afrique Centrale et d'Afrique de l'Ouest et diplômée de l'ARTEC en Expression Sensitive.

http://www.danseafro.fr/index2.php

"Lâcher-prise, plaisir, bien être et rires"

Les cours sont accompagnés par un ou plusieurs musiciens percussionnistes qui suivent le rythme des danseurs et soutiennent leurs pas. Des jeux, corpo-rythmes, chants peuvent être proposés en début de séance afin de dynamiser le groupe dans une écoute concentrée. Un échauffement spécifique en cercle, symbolique, ou en déplacements prépare à l'apprentissage progressif des danses traditionnelles d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale. Les danseurs progressent en lignes par 5 ou 6, se rapprochant des musiciens, cherchant le geste juste.

Apprentissage de chorégraphies sur plusieurs cours. Improvisations et créations peuvent enrichir la séance.

Puis retour au calme : étirements ou relaxation.

 

Au son des tambours, on oublie tout et le corps, sentant l’instinct monter, relâche les tensions sur un rythme croissant. Cependant, il faut se renseigner avant de s’inscrire à un cours car certains se déroulent sur CD, alors le lien entre musique et danse est plus difficile à ressentir.

 

Culture Africaine : Les vertus thérapeutiques de la danse

http://www.lesoleil.sn

A l’occasion de la 30ème Journée internationale de la danse, célébrée le 29 avril 2012. L’événement, dont le thème est « Danse et thérapie », sera marqué par diverses manifestations à Dakar et dans les régions

 

Extrait du message international rédigé par Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe belgo-marocain et retranscrit par Omar Diouf :

 

« Une leçon d’histoire moderne

Dans son adresse intitulée « Célébrer l’infinie chorégraphie de la vie » et traduite dans plus de 20 langues, Sidi Larbi Cherkaoui remarque qu’à travers le temps, à travers les âges, c’est surtout l’art qui perdure.

« L’art semble être tout ce que l’humanité laisse à ses héritiers, - que ce soit au travers des bâtiments, des livres, des peintures ou de la musique. Ou du mouvement ou de la danse. En ce sens, je considère la danse comme la leçon d’histoire la plus actuelle et la plus moderne, en relation constante avec son passé le plus récent, tout en ne pouvant se dérouler qu’au présent », dit le chorégraphe belgo-marocain.

Il croit que la danse est l’une des formes d’expression les plus honnêtes que nous devons chérir « car, lorsque les gens dansent, que ce soit dans un ballet, une battle hip hop, un spectacle expérimental de danse contemporaine ou simplement dans une discothèque, ils se lâchent, et rarement alors les mensonges peuvent se déployer, les masques se porter ».

 

Un rituel

Sidi Larbi Cherkaoui imagine une performance de danse comme une célébration de la coexistence ; une manière de donner et de faire de l’espace et du temps pour l’autre. Selon l’artiste chorégraphe, nous avons tendance à oublier cela. Mais, continue-t-il, l’implicite beauté d’une performance réside avant tout dans la convergence d’une foule, de personnes assises les unes à côté des autres, partageant le même moment. « Il n’y a rien de privé dans cela. Une performance est une expérience extrêmement sociale. Chacun d’entre nous rassemblés pour ce rituel, qui est notre lien avec la performance, notre lien avec ce même présent », affirme l’auteur du message de la 30ème Journée internationale. »

 

Comme pour beaucoup, la danse et la musique auront eu sur moi l’effet d’une thérapie me permettant une réconciliation avec mon corps et une fluidification dans mon rapport aux autres.

 

De 2005 à 2009, avec d’autres mordus du cours de danse, trois danseuses et deux musiciens, avons créé la troupe « EYO MATA ». http://eyomatta.free.fr/ Et https://myspace.com/eyo.matta/photos 
Initialement, pour pallier à l’arrêt des cours pendant les vacances scolaires, nous nous retrouvions dans un préfabriqué pour le plaisir de jouer et danser ensemble. Et je crois que c’est ce qui a été notre force. Malgré notre manque d’expérience, l’engouement était bien là. Pour être « bon », il est essentiel en danse et musique africaines de lier la « technicité » avec les « sens » afin de laisser exprimer l’art avec vie et passion. Ainsi né une musique et une danse chaleureuse, pleine de sourire et d’unisson.

 

La troupe proposait des animations pour des particuliers, des collectivités. La scène étant une bonne formation, nous avons fait à l’époque divers spectacles dans de nombreux lieux différents : des marchés de noël, Téléthons, fête de villages, des maisons de retraite, des festivals, des fêtes de CE, des anniversaires ou mariages, allant de la simple démonstration, aux montages de spectacle jusqu’aux ateliers d’initiations.

Encouragée par Catherine ROMERO, j’ai débuté l’animation de cours réguliers à partir de 2006 à Longpont-sur-Orge (91 - Association Longpont Demain). Je proposais alors un cours niveau « débutant » avec pour annonce « le partage de ma passion ». Ce qui reste, à ce jour, mon leitmotiv que ce soit dans le cadre des cours ou d’une représentation.

 

Toujours dans un objectif d’évolution, j’ai ensuite fait la connaissance d’une ancienne danseuse étoile du ballet national de Bamako à deux pas de chez moi. En 2007, je rencontre Awa KOUYATE avec qui je débute un apprentissage de danses africaines traditionnelles maliennes.

Awa KOUYATE

http://www.tambourlingueurs.fr/crbst_9.html

Awa Kouyaté est une danseuse traditionnelle malienne qui, après avoir été lauréate de la biennale artistique du Mali en 1982, intègre le Ballet National du Mali où elle brillera comme danseuse étoile pendant 18 ans. Elle travaillera avec Mathilde Monnier et le Centre Chorégraphique National de Montpellier durant sept ans. Depuis 2000, Awa enseigne son art en France et de par le monde aux danseurs novices aussi bien qu'aux professionnels avec une énergie et une passion intacte.

Les cours sont proposées par l’Association La Compagnie des Tambourlingueurs qui a une philosophie qui a tout de suite résonné en moi :

La Compagnie des Tambourlingueurs

http://www.tambourlingueurs.fr/

 

« Convaincus que notre bagage culturel cimente nos attitudes et comportements, nos peurs mais également nos désirs, nous pensons que chacun est à la fois porteur de ses traditions mais aussi acteur de l’évolution et de l’enrichissement de sa propre culture.

En ce sens, nous considérons que la culture est avant tout « à vivre » et que ses meilleurs vecteurs sont le don et le partage. Elle permet de découvrir et d’apprécier la richesse de l’autre, au-delà de ses différences, et représente en ce sens une belle manière de vivre ensemble. »

 

Mes cours de Longpont-sur-Orge ont eu leur succès, si bien qu’en 2009, un second cours est ouvert par l’Association Longpont Demain. Ainsi il y avait un cours « débutant » et un cours plus poussé avec les élèves inscrits depuis quelques années à qui j’ai pu proposer une approche plus traditionnelle de la danse.

 

Il me paraît alors essentiel que les cours offrent une ouverture sur la culture africaine (de l'Ouest) et un lâcher prise. Ceci grâce à l’apprentissage de chants et de danses traditionnels ou contemporaines et des musiques dynamiques joués en live par des percussions en polyrythmie. La séance repose sur l’apprentissage de chorégraphies, sur un son progressif et sur la chaleur du groupe. La pratique de la danse permet d'améliorer l'endurance, la force musculaire et la confiance en soi.

Octobre 2010, l’occasion m’est offerte devoyager au Mali où j’ai fait la magnifique et inoubliable rencontre du peuple Dogon.

Peuple Dogons

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dogons

 

Les Dogons sont un peuple du Mali, en Afrique de l'Ouest. Leur population totale au Mali est estimée à 700 000 personnes. Ils occupent la région, nommée Pays Dogon, qui va de la falaise de Bandiagara au sud-ouest de la boucle du Niger. Quelques Dogons sont installés dans le nord du Burkina Faso, d'autres se sont installés en Côte d'Ivoire.

Les Dogons sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures. La langue parlée par les Dogons est le dogon qui regroupe plusieurs dialectes. Il existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société des masques. Les Dogons sont liés avec l’ethnie des Bozos par la parenté à plaisanterie (appelée sinankunya au Mali). Dogons et Bozos se moquent réciproquement, mais, parallèlement, se doivent mutuelle assistance.
 

Avril 2012, par l’intermédiaire d’un congé solidaire au Bénin avec les artistes musiciens, danseurs et chanteurs de la Région Nord-Ouest Bénin, j’ai pu prolonger mon séjour pour suivre unstage intensif en danses traditionnelles béninoises avec Clément KAKPO. Il fut un grand maître en me proposant un travail de la danse basé sur la répétition et la persévérance. Enfin, il m’a permis de danser aux côtés des musiciens et danseurs de sa troupe.
 

Clément KAKPO

http://www.soupekandia.fr/clement-kakpo

 

Danseur et interprète, chorégraphe, professeur de danse et musiciendepuis 1983, Clément Kakpo, alias « Gentil », est passionné par la musique et les danses traditionnelles béninoises. Il connait dans le détail la diversité immense des danses et des musiques du Bénin et la transmet depuis presque 15 ans à ses nombreux élèves.

Il rejoint le Ballet National du Bénin en 2000, en tant que danseur et maître chorégraphe. Il obtient en 2005 la médaille d’or aux 5èmes Jeux de la Francophonie dans la catégorie danse de création d’inspiration traditionnelle. Parallèlement, il est aussi le premier chorégraphe de la célèbre troupe Ori Danse Club.

Par le biais de ces deux prestigieuses institutions, il fait de nombreuses prestations artistiques dans le monde entier (Afrique, Europe, Etats-Unis, Amérique Centrale, Japon, etc), mais aussi pour la télévision. Il participe activement à de nombreux événements nationaux et internationaux : Festival International du Spectacle Solo de Cotonou (FISSC), Festival International du Théâtre de Bénin (FITHEB), Festival National des Arts et Culture (FESNAC), Festival « Danse meets Danse » au Nigeria,  Festival des Danses Africaines (FESDA) au Togo, etc.

Ses créations contemporaines s’alimentent des danses traditionnelles et abordent des sujets comme le changement culturel, le rapport au sacré, la différence.

En 2007, il participe à l’Ecole des Sables au Sénégal au projet « Rencontres dansées de l’Afrique et de sa diaspora » organisé par Germaine Acogny, qui avait pour objectif d’amener 35 chorégraphes africains et de la diaspora à se rencontrer. (Voir à ce sujet le très beau documentaire de Elodie Lefebvre pour TV5 Monde : Documentaire Cassa Cassa)

Pédagogie et transmission

Depuis 2006 il met son savoir faire au service de la jeunesse béninoise dans le cadre du Cercle artistique culturel Oshalna, par des cours et des stages de danse et musique. Il est aussi un des fondateurs de Gankéké-Kpanzo, et participe à de nombreux projets artistiques au Bénin et en Europe.

Sa collaboration avec l’association Soupe Kandia démarre en 2008. Il intervient en tant que professeur de danse et de percussions pendant les stages organisés par l’association au Bénin.
 

Septembre 2013, m’adaptant à la demande des sportifs de Longpont-sur-Orge, je transforme le contenu de mes deux cours de la manière suivante :

Un cours de danses rythmiques africaines et un cours de danses africaines. Ainsi les élèves, bien souvent des mamans, peuvent opter soit pour un cours « pas prise de tête » où l’on s’applique à bouger en musique, soit pour un cours pour ceux qui ont envie d’élargir les connaissances, la technique et la découverte des origines des danses africaines.

 

A côté des cours, je collabore aussi à des projets artistiques : tournage de clip et animations danse sur les concerts pour les « Bas de Jeanne », des ateliers d’initiation à la danse africaine (conservatoire Orly, anniversaire de particuliers, CE etc), des démonstrations, des installations artistiques, etc.

Juillet 2013, je participe à la création del’Association internationale de promotion des savoir-faire durables. Plusieurs issus de l’univers de la culture africaine, des danseurs aux joueurs, avons imaginé un système de pont reliant les passionnés d’ici avec les joueurs et danseurs d’Afrique, dans un but de sauvegarde et de promotion des savoirs traditionnels et culturels.

Le projet de « Passerelle vers les origines de la danse » est alors lancé.

Il vise à mettre en lien les passionnés de la danse africaine du territoire français avec les « gardiens » des savoir-faire  et de la culture africaine. Malgré un véritable engouement, en France, pour les activités d’apprentissage de la danse et de la musique africaines, la démarche de conservation du patrimoine culturel africain reste insuffisante.

En parallèle, je continue bien sûr à me former. Principalement en suivant les cours d’Awa KOUYATE, puis récemment en participant aux stages proposés par Manu SISSOKO.

 

Automne 2013, sur les conseils d’une amie danseuse, je tente pour la première fois de suivre un stage de Manu SISSOKO : une grande danseuse et très bonne pédagogue dont il faut absolument faire la connaissance. Sa passion l’a mené dans un incroyable perfectionnement et impulse une énergie communicative.


Manu Sissoko


http://manusissoko.jimdo.com/

 

Dansant depuis ses 13 ans, Manu se forme d’abord à la danse contemporaine. Elle se spécialise en danses africaines et se forme auprès de chorégraphes reconnus. En même temps, elle suit un cursus en ethnomusicologie à Nanterre et s’intéresse au lien danse/musique/identité chez les Khassonkés de la Région de Kayes au Mali. Elle rédige un mémoire sur le Dansa et sur son rapport avec les structures identitaires de la communauté Khassonkée. EN 2003, elle intègre la Troupe du District de Bamako au Mali et participe à plusieurs de leurs créations (Tata Sylla, Dounoumba, Musée …), elle participe en tant que danseuse eux divers cérémonies de Bamako et en tant que danseuse soliste dans les cérémonies des griottes Khassonké Dédé Koité et Oumou Dédé Damba.
 

Mon chemin est encore long … mais cela  me réjouit car rien est plus motivant que d’avoir encore une marge de progression devant soi et de devoir s’investir avec cœur pour pouvoir avancer à petits pas sur la route ensoleillée de l’apprentissage de la danse africaine.

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14 juillet 2014, 18:54
 

Les Chroniques d'Arthur Culture et développement Durable en AFRIQUE : LEURRE OU LUEUR ?

Category: Le Coin des Chroniques

Avec l’effet de la mondialisation et donc également de la globalisation, certaines cultures sont menacées de disparition. L’ampleur du phénomène est particulièrement inquiétante pour les communautés africaines, qui pour la plupart sont encore très fragiles.

 Consciente du phénomène, l’UNESCO a organisé un sommet de réflexion sur le patrimoine culturel africain en 2003 afin de statuer sur la question. De nombreuses recommandations ont été transmises aux différents chefs d’Etat incitant à travailler à la valorisation et à la conservation de ce patrimoine en voie de perdition. Sur le plan national, la définition de la politique culturelle et la constitution d’une charte culturelle (adoptée le 25 Février 1991) témoigne de l’importance et donc de la place qu’occupe la culture dans le processus de développement des peuples. Que toutes ces grandes velléités  théoriques soient rangées au grand magasin des accessoires et elles ne connaitront leur utilité qu’au crépuscule de l’humanité. Quelle perte « d’énergie » malheureusement non renouvelable !  

La grande question qui taraude les esprits, aujourd’hui, est celle de savoir si la problématique du développement de l’Afrique sera à l’image des pays du Nord ? Autrement dit quel est le modèle de développement qui convient aujourd’hui  à l’Afrique ? Compte tenu de la tendance qui consiste à croire que le développement est synonyme de mutation voire d’abandon de sa  culture, il parait essentiel pour nous  de montrer et de faire comprendre aux populations qu’elles peuvent vivre heureuses et se développer avec leur propre culture. Le challenge est d’inventer une forme de développement qui prend en compte et conserve l’identité culturelle. Le grand défi de l’Afrique est de construire l’identité de sa société. La culture reste le seul lieu où cette identité se cherche et se construit peu à peu. Considérant qu’une action, pour atteindre les hommes dans leur sensibilité, doit prendre en compte leur culture particulière. La nécessité d’un développement par la culture apparaît comme une évidence. 

A mon échelle, l’action de l’Institut Culturel Somba (ICS) s’inscrit dans la ligne droite de cette réflexion et tend à s’adapter à son environnement. L’ICS a à cœur de comprendre comment les gens peuvent se développer adéquatement à partir de ce qu’ils ont été et de ce qu’ils sont, et ainsi vivre en parfaite harmonie avec les autres civilisations. Que les jeunes cessent de se livrer à la dure épreuve des barbelés et travaillent à créer leur bonheur autour de leur environnement immédiat. Une sagesse africaine nous enseigne que quelque soit la durer du séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau il ne se transforme jamais en crocodile ! On est toujours bien chez soi.

C’est avec du recul seulement que l’on s’aperçoit et s’émerveille de toute la beauté d’un paysage. Tous ceux qui sont partis vivre loin de chez eux ont fait la noble expérience de la quête du pays appelée nostalgie avec un parfum enivrant d’amour de la patrie.

Le parcours des acteurs culturels est bien traduit à travers la situation du fou de Cheikh Hamidou KANE dans son ouvrage intitulé « L’aventure ambigüe »*. Toutefois, il est important que les acteurs gardent en tête qu’il est maintenant démontré que le développement durable ne peut pas être réduit qu’à des paramètres économiques. Au-delà, nous devons y intégrer les paramètres liés à l’humain tels que l’enjeu identitaire traduit par la tradition et la culture. Celle-ci pour éclore a besoin d’être nourrie, tout comme la plante l’est par l’eau. Aussi les acteurs culturels doivent se sentir interpelés par leur culture pour sa survie et travailler à comprendre que tout ce qui vient d’ailleurs n’est pas toujours forcement meilleur. Si non le concept même de mondialisation n’aurait qu’un sens très négligeable.

* source wikipédia :

L'Aventure ambiguë est publié en 1961 et reçoit le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1962.

C’est l’histoire d’un jeune homme du nom de Samba Diallo, héros au pays des Diallobé. Dans le roman, nous assistons tout d’abord à son passage de l’école coranique à l’école des Blancs. Trois personnages exerceront une influence sur lui dans la première partie de l’œuvre, à savoir le chef des diallobé, son maître spirituel Thiérno et sa tante, la Grande royale. Cette dernière insistera pour que Samba Diallo aille à l’école nouvelle afin d’apprendre cet art de vaincre sans avoir raison. Dans la deuxième partie de l’œuvre nous avons son séjour en occident, précisément en France. Ce séjour provoquera la mise en question de sa foi en Dieu… Enfin nous avons son retour au pays de Diallobé et sa mort causée par le fou.

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12 juillet 2014, 19:48
 
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